lundi 10 février 2014

Prêtre



Prêtres, (Hist. rom.) [Histoire romaine] Jaucourt (Page 13:341)

Prêtres, (Hist. rom.) ministres de la religion. Les prêtres chez les Romains n'étoient point d'un ordre différent des citoyens. On les choisissoit indifféremment pour administrer les affaires civiles & celles de la religion. Il y avoit bien de la prudence dans cette conduite; elle obvioit à beaucoup de troubles qui auroient pu naître sous prétexte de religion. Les prêtres des dieux, même de ceux d'un ordre inférieur, étoient pour l'ordinaire élus d'entre les plus distingués, par leurs emplois & leurs dignités. On accordoit quelquefois cet honneur à de jeunes gens d'illustre famille, dès qu'ils avoient pris la robe virile. 


Il faut distinguer les prêtres en deux classes. Les uns n'étoient attachés à aucun dieu en particulier, mais ils étoient pour offrir des sacrifices à tous les dieux; tels étoient les pontifes, les augures, les quindecemvirs, qu'on nommoit sacris faciundis; les auspices, ceux qu'on appelloit fratres arvales; les curions, les septemvirs, nommés epulones, les féciaux; d'autres à qui on donnoit le nom de sodales titienses, & le roi des sacrifices, appellé rex sacrificulus. Les autres prêtres avoient chacun leurs divinités particulieres: ceux - là étoient les flamines, les saliens; ceux qui étoient appellés luperci, pinarii, potitii, pour Hercule; d'autres nommés aussi galli, pour la déesse


Cybele; & enfin les vestales, &c. Voyez chacun de ces mots. 

Les prêtres avoient des ministres pour les servir dans les sacrifices. J'en vais donner une énumération laconique. Ceux & celles qu'on appelloit camilli & camillae, étoient de jeunes garçons & de jeunes filleslibres qui servoient dans ces cérémonies religieuses. Romulus en étoit l'instituteur; & les prêtres qui n'avoient point d'enfans étoient obligés d'en prendre. Les jeunes garçons devoient servir jusqu'à l'âge de puberté, & les filles jusqu'à ce qu'elles se mariassent. Ceux & celles qu'on nommoit flaminii & flaminiae, servoient le flamine de Jupiter: ces jeunes gens devoient avoir pere & mere. Les quindecemvirs avoient aussi des ministres qui leur servoient de secrétaires. 

Les ministres appellés editui ou editumi, étoient ceux qui avoient soin de tenir les temples en bon état, ce qu'ils appelloient sacra tecta servare. Les joueurs de flûte étoient aussi d'un grand usage chez les Romains, dans les sacrifices, les jeux, les funérailles; ils couroient masqués aux ides de Juin. On se servoit encore aux sacrifices des gens qui sonnoient de la trompette; ils purifioient leurs instrumens deux fois l'année: le jour de cette cérémonie se nommoit tubilustria. 

Les ministres qu'on nommoit popae & victimarii, étoient chargés de lier les victimes. Ils se couronnoient de laurier, se mettoient à demi - nuds, & en cet état conduisoient les victimes à l'autel, apprêtoient les couteaux, l'eau, & les choses nécessaires pour les sacrifices; frappoient les victimes & les égorgeoient. 

Il y en avoit d'autres qui s'appelloient fictores, parce qu'ils représentoient les victimes avec du pain & de la cire; car les sacrifices en apparence passoient pour de vrais sacrifices. 

Il y avoit outre cela les ministres du flamine de Jupiter, qui se nommoient praeclamitores, les licteurs des vestales, les scribes des pontifes & des quindecemvirs, les aides des aruspices: ajoutez - leur ceux qui avoient soin des poulets, pullarii; enfin les prêtres avoient des hérauts qu'on nommoit kalatores. 

Les femmes appellées praeficae étoient celles qu'on louoit dans les funérailles pour pleurer & pour chanter les louanges du mort. Les désignateurs, de signatores, étoient ceux qui arrangeoient la place; les licteurs les aidoient aussi dans cet arrangement. Les gens qui avoient soin de transporter le soir les cadavres des pauvres, se nommoient vespae ou vespillones: on les mettoit au nombre de ceux qui servoient dans les sacrifices, parce que les mânes avoient aussi leurs sacrifices particuliers dont ces derniers étoient les ministres. (D. J.)


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